Le nombre total d’emplois a augmenté en France de plus de 324 000 postes en 2007 l’entre le début et
la fin de l’année selon les comptes nationaux trimestriels publiés par l’Insee. L’augmentation du nombre
d’emplois a ainsi été de 1,3 % en cours d’année. C’est une forte augmentation, qui paraît même un peu
surprenante dans un contexte de croissance modérée et perturbée à partir de l’été par la crise financière.

Cette augmentation est parmi les plus élevées depuis 1970. Elle explique pour une large part la baisse
du chômage dont le taux, au sens du Bureau International du Travail, a reculé de 8,4 % en 2006 à 7,5 %
au dernier trimestre 2007. Le taux de chômage est désormais à son niveau le plus bas depuis le quatrième
trimestre 1983 (il était alors de 7,3 %). Ces évolutions très favorables reflètent d’abord, avec le décalage
classique de deux ou trois trimestres, l’amélioration de la conjoncture économique de 2006-2007.
Cela est vrai pour la France comme pour l’ensemble de l’Europe. L’emploi a en effet augmenté fortement
dans l’ensemble des pays européens : de 685 000 postes en Allemagne, 475 000 en Espagne, 331 000
au Royaume-Uni, 286 000 en Italie. Pour le total de l’Union européenne à 15, l’augmentation est de
2,8 millions d’emplois soit 8,6 fois celle de la France, ratio qui est même légèrement supérieur à l’écart
de taille entre la France et l’Union européenne (de l’ordre de 1 à 7). L’augmentation de l’emploi traduit
aussi un accroissement du contenu en emploi de la croissance en France. Le paradoxe est que le contenu
en emploi de la croissance avait nettement diminué en France après la mise en oeuvre des « 35 heures
». Il est remonté en 2007 et revient dans la tendance européenne. L’emploi a donc augmenté un peu
plus vite que ce que la croissance aurait laissé attendre, la contrepartie étant une modération des gains
de productivité apparente du travail. Un sujet de préoccupation qui demeure est la réapparition de tensions
dues aux difficultés de recrutement dès que les créations d’emplois sont redevenues plus élevées.
Les tensions s’atténueront avec le ralentissement conjoncturel actuel, mais elles témoignent d’une
inadaptation persistante de l’offre de travail aux besoins de l’économie.